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Copan, Honduras​
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Les arbres souverains s’approprièrent des pierres
en rêvant depuis les profondeurs de la terre,
ils mangèrent les pavés comme des grains de sable.
Les racines embrassèrent les murs de craie blanche,
silencieusement, elles creusèrent des rivières.
La lumière se fit poussière dorée,
certains nuages tressaillirent,
le ciel se teignit de rouge
au passage somptueux des perroquets.
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Glaciers
La nuit est une couronne d’étoiles,
le ciel verse sa pluie de lumières.
Les glaciers font crisser leur robe de glace.
Ils avancent dans l’incertitude des temps
et laissent derrière eux des traces transparentes.
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Les glaciers sanglotent
avec leur tristesse de verre pilé sur le dos,
leurs hurlements de givre.
Comme des séismes liquides ils s’enfoncent
dans la tendresse turquoise de l’eau.
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Les glaciers sont des animaux blessés
qui laissent tomber un rideau de tonnerre.
Brusquement ils se noient
translucides comme le sucre,
ils se défont par morceaux,
ils fondent et la glace fragile de leur regard
disparaît dans le sud du monde.
Glaciares
La noche es una corona de estrellas, el cielo derrama su lluvia de luces, los glaciares murmuran
con su vestido crujiente de hielo. Avanzan en la incertidumbre de los tiempos,
dejando rastros transparentes.
Los glaciares sollozan
con su tristeza de vidrio a cuesta
y sus alaridos de escarcha.
Como terremotos líquidos
se sumergen en el tierno turquesa del agua.
Los glaciares son animales heridos, dejan caer un telón de trueno, bruscamente se hunden translúcidos como el azúcar,
caen a pedazos.
Se derriten
y el vidrio delgado de sus ojos desaparece en el Sur del mundo.